12, « C’est pour ton bien » ou « l’intérêt du jeune »

JOURNEE SYPA DU 21/05/2010 : compte-rendu de l’atelier 12

Le débat est lancé par 2 questions :

  • Est-on au clair par rapport à la définition du « bien » ?
  • Est-on cohérent par rapport à cette notion ?

De manière générale, la présentation du SAJ a été appréciée : elle a fait ressortir le fait qu’ON sait ce qu’est le bien de l’enfant mais qu’il est bien difficile de le mettre en pratique, selon la « casquette » portée et selon le biais par lequel on l’entrevoit (enfant, parent, éducateur, psy, AS, psychiatre, école, mandant/déléguée, etc…).

Cette interrogation renvoie au questionnement quant à un retour aux valeurs.

Dans le domaine éducatif, l’intérêt est perçu comme un véritable labyrinthe.

N’y aurait-il pas un questionnement à renvoyer à l’intervenant, à savoir  « d’où vient ce besoin de vouloir proposer du bien ? » à Quel sens cela prend-il dans la vie d’un jeune de se voir proposer du bien ? N’y aurait-il pas un transfert de notre notion de bien ?  Que fait-on par conséquent des valeurs des parents et a fortiori des différences de valeurs ?  Quelle est par ailleurs « l’utilité » des valeurs de l’intervenant ?

Ces interrogations amène un participant à rappeler le cadre référentiel de la CF : le code de déontologie mentionne que l’intervenant ne peut pas imposer ses valeurs !

La question qui en découle est de savoir à quelles valeurs sociétales se réfèrent de ce fait les valeurs individuelles et collectives.  QUID aussi de l’aspect culturel et donc spécifiquement des jeunes MENA : comment ceux-ci perçoivent-ils notre perception du bien en Belgique ?

Ne veut-on pas « forcer la main » en mettant des jeunes dans des catégories ?

Qui et comment dire « c’est pour ton bien » ?  Car cette phrase n’aura pas le même poids et ne sera pas perçue de la même manière selon qui la dit : notion d’INTENTIONALITE.

Cette phrase « c’est pour ton bien » n’est-elle pas une façon de se donner bonne conscience, en tant que travailleur de terrain ?

Le groupe convient de l’a nécessité  d’avoir une « colonne vertébrale » de base et commune, avec la difficulté de l’identifier et des ‘identifier à elle.

La suite des débats rappellent que ni l’aspect politique, ni l’aspect économique n’ont été  abordés.

Une fois de plus, se pose-t-on les bonnes questions et ne tourons pas en rond ?

Est abordée la question du transfert et du contre-transfert : qu’est-ce qui motive ce que l’on dit et ce que l’on fait ?

Prend-on assez de risques avec les jeunes (ados) ?

Question du sens et de la relation de confiance agissent sur l’affectif.  La dimension collective fait qu’il faut hiérarchiser les valeurs qui fondent la LOI d’ailleurs.

Quid de la trajectoire du jeune et du passage de relai, de la fluidité de l’action ?

Les enjeux ne sont pas les mêmes pour les enfants que pour les ados.

Les notions de bienveillance et d’humilité  apparaissent comme importantes.  Attention à ne pas « fantasmer » sur ce que peut (pourrait) devenir les jeunes.  « Contentons-nous de les accompagner ici et maintenant ».

L’idée de l’intérêt de l’enfant tel qu’on le conçoit est d’autant plus compliquée que les messages extérieurs (médias) viennent dire le contraire (supermarché  de l’Aide à la Jeunesse).

A propos Laurent Lebutte

Directeur dans l'Aide à la jeunesse depuis 2001, je suis convaincu de l'importance du réseau pour permettre un travail efficace dans notre secteur. C'est ainsi que j'ai accepté la présidence de SyPa en 2013.

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